Le Blog de Pascale VAILLANT

Adjointe au Maire de Cannes. Courriel : modem-cannes@laposte.net

19 juillet 2007

de l’UDF au Mouvement Démocrate

Comment concevoir une nouvelle forme de parti adaptée à la société d’aujourd’hui ?

ANALYSE ET PROPOSITIONS OPERATIONNELLES


1. ambition et attentes

En décidant, dans la dynamique de la campagne présidentielle, de fonder, à la place de l’UDF, le Mouvement Démocrate, François Bayrou a créé un espoir pour quantité de démocrates…

-          qui aspirent à une rénovation profonde de la vie politique française (et non une rénovation « paillettes »;

-          qui rêvent d’en finir avec le « tout noir ou tout blanc » et les discours démagogiques;

-          qui rêvent d’une force politique où les qualités personnelles compteraient plus que les talents dans les jeux d’appareils,

-          qui rêvent d’une force politique où des citoyens issus de la société civile pourraient trouver une reconnaissance dans le jeu politique sans se renier ;

-          qui rêvent d’une force politique à la hauteur des enjeux cruciaux du siècle et en phase avec la société des années 2000 et pas une force politique bâtie sur des idéologies et des modes d’organisation hérités du siècle dernier (pour ne pas dire des deux derniers siècles).

L’ambition est là. Les atouts sont nombreux mais les risques ne sont pas négligeables. Inventer un nouveau parti, une nouvelle forme de parti, un vrai mouvement plus qu’un parti au sens traditionnel du terme n’est pas une mince affaire. Cela est pourtant indispensable pour ne pas décevoir les espoirs qui se sont levés et donner à tous les nouveaux adhérents la possibilité de s’investir au mieux de leurs désirs et de leurs  capacités.

2. Atouts et Risques

n Précédents historiques et poids de l’histoire 

La naissance d’un nouveau parti sur les bases d’un parti plus ancien n’est pas un processus inédit en France.

Créé par de gaulle à la Libération le parti gaulliste a lui aussi pris de multiples visages (RPF ; UNR ; UNR-UDT ; UD Vème ; RPR ; UMP).

Le parti qui a, à l’issue d’une troisième candidature, a permis à François Mitterrand d’accéder à l’Elysée en 1981, fut aussi le fruit de nombreuses et très complexes étapes de refondation : SFIO, PSU, FGDS, Nouveau PS du congrès d’Alfortville, Congrès d’Epinay, Assises du Socialisme (arrivée de Rocard).

Si les renaissances que nous venons de citer ont permis de relancer les partis concernés, ces exemples illustrent aussi la difficulté à inventer un parti vraiment nouveau. S’il est logique que subsistent les référents les plus consensuels, survivent aussi souvent des pratiques plus anciennes et regrettables.

Même avec l’arrivée d’anciens de l’UDF, l’UMP a ainsi conservé le caractère bonapartiste du parti gaulliste.

Le nouveau Parti socialiste est lui toujours resté soumis à la double pesanteur des « grosses fédérations » de la SFIO et de courants divergents.


n modem : la chance d’une dynamique de naissance inédite

Le Mouvement démocrate lui-même ne nait pas de rien mais de l’UDF qui elle-même avant de devenir un parti unifié a d’abord fédéré des partis et mouvements pré existants (démocrate-chrétien notamment), eux-mêmes héritiers d’histoires très différentes (et de différentes mutations).

L’apport du rameau écologiste et de ses trente ans d’histoire est aussi à prendre en compte.

Malgré la déception légitime suscitée par les législatives de juin 2007, le nouveau Mouvement démocrate a la chance de naître avec trois dynamiques inédites dans l’histoire politique.

-          Une dynamique d’adhésion concomitante à la naissance du nouveau parti et non pas postérieure.

-          Une ouverture sans précédent des premières investitures aux législatives à des centaines de nouveaux candidats plus enracinés dans la société civile que dans le jeu politique. Avec quantité d’investitures attribuées non dans les logiques politiques traditionnelles mais dans une logique « RH » (étudier les CV des aspirants candidats et choisir les meilleurs).

-          Une extrême diversité politique des nouveaux adhérents, ce qui est à la fois une chance et un risque et exige une attention particulière afin de permettre « à la « mayonnaise de prendre » (entre Udf historiques et nouveaux adhérents, mais aussi entre nouveaux d’origines différentes).

n la question des enjeux de pouvoir

Cette dynamique vraiment inédite qui accompagne depuis le mois d’avril la naissance du Mouvement démocrate, le plaisir de gens divers à se retrouver ensemble (La rose et le réséda) ne doit néanmoins pas conduire à une idéalisation de la situation.

La politique est indissociable des questions d’ambitions personnelles, de conquête du pouvoir et d’exercice du pouvoir à l’intérieur des partis.

Penser cette problématique le plus en amont possible est une nécessité vitale pour éviter de tomber dans les ornières des vieux partis.

n le rôle clé de françois bayrou

Né de la campagne présidentielle de François Bayrou, de sa volonté de transformer l’UDF et de son choix de « ne pas voter Nicolas Sarkozy » au deuxième tour de la présidentielle, le Mouvement Démocrate a la chance d’avoir un référent clair, au niveau national et en terme de pouvoir, un fondateur incontesté. Cette absence de débat sur le N°1 est une chance.


n des partis pris clairs

François Bayrou a clairement exprimé les grands principes qui doivent présider à la naissance du mouvement démocrate :

-          Rénover en profondeur les structures héritées de l’UDF.

-          Se préserver de la médiocrité que peuvent générer les baronnies locales.

-          Ne pas créer de tendances (un principe fort auquel les nouveaux adhérents venus de partis - comme le PS ou les Verts – déchirés par les luttes de tendances ne peuvent que souscrire).

-          Permettre néanmoins aux diversités culturelles de pouvoir s’exprimer (acceptation par exemple de l’idée d’un « Pôle écologiste »).

-         Inventer vraiment une nouvelle forme d’organisation. 

-         Disposer d’une Charte éthique. 

-         Etre naturellement un parti DEMOCRATE. 

3 - Une démarche inédite pour concevoir une nouvelle « forme parti » 

n l’objectif

Pour être à la hauteur de l’ambition commune, répondre aux attentes des dizaines de milliers de nouveaux adhérents, jouer au mieux de nos atouts et écarter les risques, il est indispensable d’innover en adoptant une démarche inédite en politique. 

n la demarche

Les propositions opérationnelles que nous formulons ici pour contribuer à la conception du nouveau Mouvement démocrate ne se situent pas dans une démarche politique classique. Elle relève bien davantage d’une double approche intellectuelle et managériale (dans la suite logique des pratiques de type « RH » développée pour les investitures  du MoDem aux législatives).

n necessite d’un comite de suivi

Un comité de suivi devrait être constitué par François Bayrou.

A ce Comité seraient présentés les résultats des différents chantiers.

Le Comité de suivi serait directement associé à certains travaux.

Il aurait en charge de valider rapports d’étapes et synthèses.

n reflexion sur le calendrier 

- Certaines des initiatives suivantes peuvent être lancées très rapidement.

- Les résultats de certaines pourraient être annoncées aux journées d’été.

- D’autres peuvent avoir lieu pendant les journées d’été.

- La synthèse d’une première série de travaux pourrait se faire en septembre et être suivie d’une dernière initiative avant le congrès fondateur.


4 - Six propositions concrètes

Pour faire prendre corps à la démarche, il est formulé cinq propositions opérationnelles.

n 1 - une etude qualitative aupres d’adherents udf-modem 

Cette étude qualitative devrait idéalement être menée en groupes (2 minimum, 5 maxi selon le budget) auprès :

-          D’anciens adhérents de l’UDF venus de ces différentes composantes (centristes, radicales, libérales, adhérents directs…)

-          D’adhérents de la nouvelle UDF (depuis 2002).

-          D’adhérents ayant rejoints l’UDF pour la campagne Bayrou.

-          De néo-adhérents Modem s’étant impliqué dans la campagne législative.

-          De néo-adhérents Modem ne s’étant pas encore impliqué.

L’objectif de cette étude qualitative en groupes serait de faire s’exprimer les adhérents sélectionnés:

-          sur leur expérience politique, sociale, syndicale, associative…

-          sur leur vision du monde.

-          Sur les raisons qui les ont amenés à s’engager notamment auprès de François Bayrou, au Modem..

-          sur leurs attentes à l’égard du Modem.

-          sur leurs craintes aussi (craintes des anciens de l’UDF, craintes de ceux ayant vécu d’autres engagements politiques, craintes de ceux qui n’en ont pas eu…).

-          sur les valeurs et l’éthique.

-          sur le type d’investissement qu’ils ont envie d’avoir au sein du Modem.

-          sur le fonctionnement attendu, rêvé même, du Modem.

NB

-          Cette étude qualitative devrait être confiée à un institut spécialisé (TNS Sofres, CSA…).

-          Son coût indicatif est de xxxx euros.

-          Ses résultats pourraient être annoncés aux Journées d’été.

n 2 - UN benchmark 

Très pratiqué dans le monde de l’entreprise, le benchmark consiste, sur un problème donné, à faire mener par un cabinet indépendant, une étude comparative auprès des concurrents à base de recherche documentaire et d’entretiens.

Dans le cas précis, il s’agirait d’étudier et de comparer l’organisation de quelques partis français et étrangers (statuts, organigrammes) à la fois en théorie et en pratique.

NB

-          Ce benchmark peut être supervisé avec Eric Aziere.

-          Il peut être confié à un cabinet spécialisé ou un diplômé de science po.

-          Dans l’hypothèse cabinet, le coût indicatif est de xxxx euros.

-          Ses résultats pourraient rester confidentiels.

n 3 - une reflexion sur la « forme parti »

De nombreux intellectuels, chercheurs, universitaires, historiens, sociologues, politistes… ont travaillé sur la question de l’organisation des partis politiques, sur la crise de la « forme parti », sur l’organisation des partis dans les autres pays, sur les pistes d’évolution possibles.

La revue Cosmopolitiques dirigé par l’anthropologue Dominique Boullier a par exemple publié un numéro spécial sur cette question.

La Fondation pour l’Innovation politique pourrait être associée également.

Le Modem devrait proposer à ces chercheurs de les écouter et de confronter leurs points de vue sur ce que certains ont appelé la crise de la forme parti.

Cette réflexion intellectuelle se situerait dans une perspective opérationnelle pour le Modem : concevoir un mode d’organisation nouveau adapté à la société d’aujourd’hui, non plus un parti pyramidal reproduisant le modèle de l’armée ou de l’usine de jadis mais un parti « réseau  (PS : même l’armée réfléchit à des fonctionnements en mode projet s’inspirant des modèles des entreprises les plus modernes !)

Parmi les questions à soulever : la philosophie générale de l’organisation jadis ; les exigences du monde moderne; les attentes des citoyens d’aujourd’hui ; le rapport local/national ; le problème du choix des cadres ; les processus d’élaboration du projet politique et des programmes électoraux ; les rapports entre élus et militants…

La question de l’argent pourrait être évoquée. Les décisions prises pour lancer le mouvement d’adhésion au MoDem sont, à l’évidence, en phase avec les aspirations des citoyens d’aujourd’hui : niveaux de cotisations minimales faibles, libre choix. La question du paiement en liquide peut, elle, poser certains problèmes.

NB

-          Cette réflexion peut être conduite avec l’historien JP Rioux.

-          Son coût est marginal. 

-          Cette réflexion pourrait prendre la forme de table-rondes restreintes et/ou d’un débat et/ou d’ateliers pendant les Journées d’été. 

n 4 - un seminaire sur les rapports experts / politique

Même quand ils s’engagent ouvertement dans un parti, les indispensables rapports entre intellectuels, chercheurs, spécialistes, experts et partis politiques sont toujours complexes. Penser cette question dès la naissance du MoDem est indispensable.

A titre d’exemple, un des animateurs de la « Nouvelle critique sociale » qui nous a manifesté son intérêt pour le MoDem, nous a dit être prêt à participer à une réunion de travail avec des responsables du MoDem… à condition que la réunion ne soit pas médiatisée.

NB

-          Ce séminaire peut être animé notamment avec l’économiste Saint-Etienne.

-          Son coût est marginal.

-          Une ou plusieurs séances du séminaire pourraient se tenir pendant les Journées d’été.


n 5 – EN SEPTEMBRE, un questionnaire par internet aupres de tous les adherents udf-modem 

A partir de l’ensemble des éléments précédents, une première synthèse générale pourrait être faite début septembre.

Cette synthèse déboucherait :

1)    sur des propositions d’organisation à la fois concrètes et novatrices pour le MoDem.

2)    Sur une charte éthique

Ces propositions seraient soumises à l’ensemble des adhérents du MoDem à travers une enquête on line.

Les réponses permettraient de donner une assise démocratique aux statuts fondateurs et à la Charte éthique.

Les résultats seraient présentés au congrès fondateur.

NB

-          Cette enquête devrait être confiée à une société spécialisée (Are you net, Direct panel, To Luna...)

-          Son coût indicatif est de xxxx euros pour la partie technique, xxxx euros pour l’exploitation des résultats.

n 6 –DES MAINTENANT DES TESTS DE CONSULTATION DES MILITANTS PAR INTERNET 

Internet a renouvelé les formes d’intervention politiques. CeLa n’est cependant pas toujours sans danger. Ainsi les listes de discussion deviennent-elles parfois des défouloirs où se perdent des énergies considérables.

Il n’empêche que, avant même les journées d’été, le site du Modem pourrait:

-          sonder l’avis des adhérents sur des questions nouvelles ;

-          ouvrir des débats grâce à des chats avec des personnalités ou des responsables;

-          mettre en valeur des initiatives prises localement par les gens du Modem.

5 – Le résultat attendu

Le résultat attendu est clair : des propositions concrètes de fonctionnement, d’organisation et des suggestions de comportement qui permettent de rompre avec les pratiques politiques des partis traditionnels (parti bonapartiste, parti stalinien, parti de notables, parti déchiré en tendances organisées, parti d’agitation…) et qui permettent au contraire de bâtir…

-          un parti démocrate où règne une certaine éthique politique ;

-          un parti où des citoyens issus de la société civile trouveront facilement leur place et une reconnaissance sans se renier.

-          un parti à la hauteur des enjeux de cruciaux du siècle : Mondialisation, Europe, Ecologie…

-          un parti où le Politique est pensé d’une manière telle qu’on évite le manichéisme, le « tout noir ou tout blanc », les discours démagogiques, « même avec Machiavel à l’Elysée ».

Bref inventer une nouvelle forme de parti, adaptée à la société d’aujourd’hui.

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Triomphe de l'écologie, la fin des écologistes ?

Bonjour,

La période foisonne de nombreuses initiatives se réclamant de l'écologie à en
donner le tournis ! Réunion de refondation à Tours avec Daniel COHN-BENDIT,
réunion autour de Corinne LEPAGE, réunion des partis écologistes non verts (MEI
+ GE + MHAN, +divers) pour créer un nouveau mouvement LES ECOLOGISTES, Fondation
HULOT qui se structure en mobilisant les signataires du Pacte écologique,
altermondialistes, réseau des objecteurs de croissance etc.

J'avais déjà imaginé différents scénarii possibles mais pas forcément
compatibles entre eux pour l'avenir des Verts en croisant thématiques et
alliances électorales.

Une fois la séquence électorale passée, je voudrais partager quelques réflexions
et questions pour compléter cette analyse précédente.

Les nouvelles modalités électorales (quinquennat présidentiel et inversion du
calendrier législatives/présidentielle) dessinent probablement pour longtemps un
nouveau champ d'action politique. La présidentialisation du régime sort
renforcée. Une formation politique sans présidentiable crédible et connu, et
ayant une chance de figurer au second tour aura désormais encore plus de mal à
exister sur la scène politique. La réforme constitutionnelle envisagée ne
devrait pas réduire cette présidentialisation bien au contraire. Il va bien
falloir en tirer les conséquences pour l'avenir. Alain UGUEN avait à sa manière
anticipé cette évolution dans sa proposition de primaires pour la
présidentielle.

En ce qui concerne la thématique écologique, pour la 1ère fois de grandes
formations politiques généralistes se sont penché sérieusement sur ce sujet. On
a même trouvé dans certains staffs de campagne des écologistes qui ont joué un
rôle marquant. Je pense à Bruno REBLLE et Aurélie FILIPETTI pour Ségolène ROYAL
ou Corinne LEPAGE pour François BAYROU. Nicolas HULOT a beaucoup contribué à
cela. Cette attitude semble être devenue un acquis. C'est un point majeur dont
il me semble que nous n'avons pas encore suffisamment tiré des enseignements
pour l'avenir. Elle pose à nouveau la question du positionnement sur le fond des
Verts et plus largement celle de l'écologie politique dans notre pays. Une
nouvelle page de l'écologie politique est sans doute en train de se tourner.
Quel pourrait être l'avenir prévisible ? Avant d'essayer de proposer quelques
idées à ce sujet, je voudrais synthétiser à grands traits (donc très incomplet)
les 30 d'écologie politique en France.

De 1974 à 1984, l'écologie est entrée progressivement dans l'arène politique en
faisant souvent un pas en avant suivi d'un pas en arrière. On parlait de
structures biodégradables conçues juste pour une élection puis dissoutes une
fois celle ci passée. L'idée était de faire pression sur le système politique
dans une démarche assez associative. La mouvance écologiste s'est construite
alors en agglomérant tout un ensemble de combats assez disparate dans leurs
objets et imprégnés de l'esprit de mai 68.

Dans une séquence allant de 1984 à 1993, l'écologie politique se structure de
façon plus pérenne. Cette période est dominée par un positionnement centrée
essentiellement sur l'écologie et un refus de conclure des alliances nationales
avec une grande formation politique. C'est la séquence qui a donné les meilleurs
résultats électoraux. Elle coïncide avec une 1ère prise de conscience planétaire
des enjeux écologiques.

De 1993 à aujourd'hui, les structures d'écologie politique se multiplient par
éclatement de GE et des Verts. Certaines se positionnent clairement sur
l'échiquier politique traditionnel d'autres le refusent. Des alliances
nationales électorales permettent l'élection de nombreux élus malgré une érosion
progressive des résultats électoraux ainsi qu'une participation gouvernementale.
Le discours devient de plus en plus généraliste en s'élargissant surtout sur les
thématiques sociales et sociétales.

Et pour demain ?

Nous vivons une 2e prise de conscience planétaire de la crise écologique au
travers d'une de ses manifestations : le réchauffement climatique. Les partis
écologistes à travers le monde semblent en tirer profit avec de nombreux succès
électoraux : régulièrement plus de 10 % à des élections parlementaires. Sauf en
France ! Pourquoi cela ? Ces autres partis bénéficient souvent d'institutions
politiques et de modes de scrutins plus favorables mais cela n'est pas toujours
le cas. Ils ont par contre en point commun un discours thématique très centré
sur l'écologie et assez peu généraliste. Par contre en matière d'alliance
électorale, il y a peu de convergence sur un modèle d'alliance : on observe tous
les cas de figure possibles. L'élément marquant semble donc être le
positionnement fortement centré sur la thématique écologique et un certain
pragmatisme dans les alliances électorales.

Les Verts français n'ont pas choisi ces orientations en mélangeant la thématique
écologique avec les thématiques sociale et sociétale à pied d'égalité et en
privilégiant une alliance électorale avec un seul partenaire politique.
L'élargissement des thématiques n'a pas débouché sur le gain espéré : apparaitre
comme un parti généraliste de gouvernement pouvant prendre la relève de la
gauche française. Une partie des électeurs qui était surtout motivée par la
thématique écologique a sans doute été déboussolée par ces nouveaux messages
dans lesquels ils ne sont pas retrouvés. La différenciation d'avec les partis de
gauche « traditionnels » s'est par ailleurs estompée. Les Verts n'ont pas pour
autant récupérer l'électorat socialiste ou l'électorat de la gauche de la
gauche. Sur les nouvelles thématiques sociales et sociétales mises en avant, ils
n'ont pas trouvé de légitimité dans la partie de l'opinion qui est la plus
sensible à ces thèmes.

La question se pose donc de faire comme nos voisins européens : recentrage sur
la thématique écologique notamment en déclinant plus encore les propositions
concrètes de solutions à toutes les échelles et en élargissant des alliances
électorales possibles pour « faire monter les enchères ».

Mais n'est-il pas déjà trop tard ? En effet nous vivons comme dit plus haut une
intégration de la thématique écologique par les grands partis traditionnels. Les
électeurs continueront ils encore à penser dès lors qu'un parti écologiste est
nécessaire ? Au PS divers points de vue se font jour sur l'évolution du rapport
avec les Verts qui étaient souvent considérés comme des sous-traitants du PS
pour les questions environnementales. Certains (plutôt la direction actuelle)
souhaiteraient créer une nouvelle organisation de la gauche qui rassemblerait en
une seule structure outre le PS, le PRG, les Verts, le PCF, le MRC sous une
forme organisationnelle à établir pour aboutir à une « UMP de gauche » selon
l'expression de F HOLLANDE avec l'objectif d'arriver ainsi en tête au 1er tour
de l'élection présidentielle. D'autres (autour de ROYAL) souhaiteraient plutôt
que le PS développe une pensée originale sur la thématique écologique et occupe
progressivement tout cet espace et initie une alliance électoral avec le MODEM
choisi comme partenaire principal. Ils accepteraient en complément des alliances
avec les Verts au cas par cas en fonction des rapports de force au niveau local
et en les laissant mourir à petit feu comme le PCF.

Le MODEM a choisi aussi de traiter la thématique écologique en l'identifiant
pour l'instant sous forme d'une ouverture sur un groupe d'écologistes mais aussi
demain par des propositions de fond. L'UMP va certainement suivre dans le même
sens.

En conclusion toute provisoire : la thématique écologique est promise à un bel
avenir et restera un des thèmes majeurs du XXIe siècle mais cela pourrait se
faire sans les Verts ! Nous serons dans les trois années à venir si nos
concitoyens nous considèrent encore comme nécessaire pour faire avancer
concrètement l'écologie ou si les partis traditionnels rénovés leurs
conviendront mieux.

Cordialement,

Bruno DUVAL

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MoDem- Ecolo

Posté par Pascale VAILLANT à 15:48 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

corinne---t--.JPGJe suis particulièrement heureuse après ces périodes de stress de retrouver mon blog et plus précisément de m' exprimer sur ce blog d'été.

Nous avons décidé de nous investir pleinement dans la fondation du modem. Si nous l'avons fait, c'est parce que nous voulions construire quelque chose de nouveau, qui ne soit pas l'UDF, qui ne soit pas d'avantage CAP21, mais qui soit ce parti de la société civile, en prise directe avec la nouvelle exigence démocratique de nos concitoyens pour reprendre en main leur avenir dont ils avaient le sentiment qu'il ne leur appartenait plus.
J'ai été enthousiasmée par ces milliers de jeunes, dont certains n'avaient jamais eu d'appartenance politique et qui étaient portés par l'espoir de pouvoir enfin agir eux-mêmes. Nous sommes en train de changer de monde.

L'urgence écologique, qui se traduit aujourd'hui par l'apparition d'une nouvelle économie, la nécessité de transformer profondément nos institutions pour passer d'une république bananière à une véritable démocratie, le besoin désormais urgentissime de changer l'administration française pour lui donner les moyens de sa modernité et de son efficacité constituent autant de chantiers qu'il convient de mettre simultanément en oeuvre.
Certes, les projets du président la république sont multiples. Nous aurons, dans un esprit constructif et objectif à nous prononcer sur les réformes et à formuler éventuellement des critiques ou des propositions alternatives. Mais nous avons aussi à mettre en chantier notre propre projet de société .
Le Modem est la seule nouvelle force qui émerge dans notre vie politique. Le fait que plus de 45 000 personnes aient souhaité adhérer à un mouvement qui n'est qu'en formation démontre suffisamment l'attente de nos concitoyens.

Je souhaiterais que mon blog soit tout au long de l'été un lieu de débats très actifs sur ce que les adhérents du Modem et d'autres qui sont intéressés par nos réflexions, attendent du Modem, sur les très grandes orientations qu'ils souhaitent lui voir prendre et sur la manière dont ce parti pourrait être un modèle en termes de fonctionnement démocratique . Venez nombreux débattre avec moi-même et tous ceux qui  voudront nous rejoindre.

Cela ne m'empêche pas de vous souhaiter d'excellentes vacances.

Corinne Lepage

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Le_Mouvement_D_C3_A9mocrate

18 juillet 2007

François Bayrou dénonce "une américanisation du pouvoir"


» Retrouver l'intégralité de l'interview de François Bayrou

François Bayrou dénonce "une américanisation", "une peopolisation du pouvoir", dans un entretien vidéo accordé au site www.rue89.com. "Jamais on a assisté à une telle concentration, une telle personnalisation du pouvoir". "Nicolas Sarkozy cherche une américanisation du pouvoir, une peopolisation du pouvoir". François Bayrou livre également, dans cette interview, son analyse sur la proposition de Jack Lang de supprimer le poste de Premier ministre et défend une nouvelle fois l'idée d'un Parlement autonome qui ne pourra exister que par l'introduction d'une part de proportionnelle significative

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